Abdlkader Souddi : photographe algérien documentant le patrimoine amazigh et saharien du Sud algérien

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Published4 Nov, 2026

« Je crois qu’une photographie dépasse le simple instantané. C’est un message qui préserve notre patrimoine et le transmet aux générations futures. »

Abdlkader Souddi est un photographe algérien originaire d’Adrar, au cœur du Sahara. Depuis 2019, il consacre son travail à la documentation du patrimoine culturel du Sud algérien, notamment les costumes traditionnels amazighs et sahariens, l’architecture du désert et les coutumes locales.

Son parcours l’a conduit à participer à plus de dix salons et expositions, ainsi qu’à des concours photographiques régionaux, nationaux et internationaux. Il organise également des formations et des ateliers pour accompagner de jeunes photographes et encourager la pratique photographique dans sa région.

Comment avez-vous débuté dans la photographie ?

J’ai commencé la photographie par passion, par amour de la beauté cachée dans les détails. Au fil du temps, mon objectif a évolué : je voulais aussi documenter l’identité culturelle et mettre en valeur le patrimoine auquel je suis fier d’appartenir.

Je me suis progressivement intéressé à tout ce qui reflète l’authenticité du Sud algérien, de l’architecture traditionnelle aux vêtements amazighs et sahariens, en passant par les éléments qui témoignent de notre histoire et de notre culture. Pour moi, une photographie peut préserver la mémoire d’un lieu et faire découvrir au monde la beauté de notre identité.

Quelles sont vos ambitions en tant que photographe ?

Je cherche constamment à développer mes compétences et à progresser sur les plans artistique et professionnel. Je considère la photographie comme un apprentissage sans fin, et chaque expérience est pour moi une occasion d’enrichir mon travail.

Mon ambition est de représenter l’Algérie dans de grands concours et expositions internationaux, notamment le Prix international de photographie Hamdan bin Mohammed bin Rashid Al Maktoum (HIPA). Je souhaite y présenter des œuvres qui reflètent la richesse de notre patrimoine et de notre culture.

Quels sont les thèmes principaux qui inspirent votre photographie ?

Mon travail s’inspire principalement du patrimoine et de la culture, en particulier des vêtements traditionnels amazighs et sahariens, ainsi que de l’architecture du Sud algérien, pour leur valeur historique et leur authenticité.

Je m’intéresse également aux populations, à leur relation avec leur environnement, ainsi qu’aux coutumes et aux traditions qui façonnent leur quotidien. À travers mes photographies, je cherche à préserver la mémoire des lieux et des personnes.

« Je suis fier de voir naître la passion des jeunes et d’être à l’origine de l’entrée de nouveaux passionnés dans le monde de la photographie. »

De quel moment de votre parcours artistique êtes-vous le plus fier ?

Ce dont je suis le plus fier, c’est d’avoir contribué à la diffusion de la culture photographique dans le Sud algérien. Organiser des formations et des ateliers a été un véritable plaisir. Cela m’a permis de transmettre aux participants les fondamentaux de la photographie, le langage de l’image et l’art de créer une photographie porteuse d’une idée et d’un message.

Je suis fier de voir naître la passion des jeunes et d’avoir encouragé de nouveaux passionnés à découvrir la photographie. J’aimerais poursuivre cette mission en organisant davantage de formations et en contribuant à l’émergence d’une nouvelle génération de photographes capables de documenter notre patrimoine avec professionnalisme.

« L’un des plus grands défis que j’ai rencontrés au début de ma carrière a été le manque de ressources, tant en termes de matériel que d’opportunités d’apprentissage. »

Quel est le plus grand défi auquel vous avez été confronté en tant que photographe ?

L’un des plus grands défis que j’ai rencontrés au début de ma carrière a été le manque de ressources, tant en termes de matériel que d’opportunités d’apprentissage et de participation à des événements, notamment dans le Sud algérien.

Mais je n’ai pas laissé ces difficultés freiner mon ambition. Je me suis appuyé sur la formation continue, le travail de terrain et la participation à des salons et concours pour progresser. Avec le temps, j’ai également commencé à partager mes connaissances à travers des cours et des ateliers.

Comment avez-vous développé votre style photographique ?

La pratique sur le terrain, les projets de documentation du patrimoine et l’étude du travail de photographes de renom m’ont permis d’affiner progressivement mon approche.

J’ai appris à accorder davantage d’attention à la composition, à la lumière et à la manière dont une image peut raconter une histoire. Les expositions et les concours auxquels j’ai participé m’ont également aidé à développer mes compétences et ma vision artistique.

« Je m’efforce de faire en sorte que chaque photographie porte un message et reflète les détails du lieu et de ses habitants, sans exagération ni artifice. »

Quelle est votre approche technique et visuelle ?

Ma démarche repose sur la narration par l’image. Je cherche à mettre en valeur l’identité et le patrimoine de manière authentique et esthétique. Je m’efforce de faire en sorte que chaque photographie porte un message et reflète les détails du lieu et de ses habitants, sans exagération ni artifice.

J’accorde une grande importance à la lumière naturelle, à la composition et au choix des couleurs et des arrière-plans, notamment lorsque je photographie les vêtements traditionnels et l’architecture du désert. Mon objectif est de créer des images qui touchent le spectateur tout en préservant la mémoire culturelle.

Comment se porte le secteur de la photographie et de l’art en Algérie ?

Ces dernières années, le secteur a connu un développement remarquable. De nombreux photographes talentueux se sont distingués lors de concours et d’expositions en Algérie et à l’international.

Cependant, il reste nécessaire de renforcer le soutien à la photographie, notamment en organisant davantage d’expositions, en développant les possibilités de formation et en encourageant les projets documentaires consacrés au patrimoine et à la culture.

L’Algérie possède une diversité naturelle et culturelle exceptionnelle, particulièrement dans le Sud. Elle offre aux photographes de nombreuses possibilités de créer des œuvres susceptibles de rayonner à l’international. J’espère que notre secteur bénéficiera d’une plus grande reconnaissance.

Quelle est la norme professionnelle sur laquelle vous ne faites jamais de compromis ?

Mon exigence professionnelle repose sur l’authenticité de l’image et le respect de l’identité du sujet. Je veille à ce que mes photographies reflètent la réalité avec une touche artistique, sans altérer leur message ni dénaturer le patrimoine que je documente.

Je tiens également au respect des personnes et des cultures, à l’attention portée aux détails et à la qualité technique et éthique de mon travail. Pour moi, la qualité d’une photographie dépend aussi de la vision, de l’engagement et du respect que le photographe porte à son histoire et à son sujet.

Credits

Texte

Felana Ramasy

Photographie

Abdlkader Souddi

Curation

guvnor

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