Sabrina Onana : réalisatrice et photographe italo-camerounaise mêlant art conceptuel, satire sociale et surréalisme

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Published15 Oct, 2026

« Lorsque ma démarche artistique coïncide profondément avec son expression et se reflète pleinement à travers mes œuvres, je suis satisfaite et j'ai le sentiment d'avoir réalisé quelque chose de significatif. »

Sabrina Onana est une réalisatrice et photographe indépendante italo-camerounaise, également créatrice de la marque de vêtements Vêtue d'Art. Née à Paris en 1998, elle a grandi à Naples, en Italie, jusqu'à l'âge de 16 ans, avant de revenir en France pour poursuivre ses études et s'y installer.

Titulaire d'un master en sociologie contemporaine obtenu à l'ENS Paris-Saclay et à la Sorbonne, après une licence en sciences sociales et politiques à l'Université Paris Dauphine-PSL, elle s'intéresse aux arts visuels depuis l'enfance. Du dessin à la peinture, en passant par la photographie, le cinéma et la mode, elle a progressivement approfondi certaines disciplines pour développer sa propre pratique artistique.

Son parcours en sociologie nourrit aujourd'hui son travail photographique et cinématographique, notamment son intérêt pour l'identité, les migrations, les injustices sociales et les valeurs culturelles. Ses films ont été sélectionnés, projetés et primés dans plus de 60 festivals internationaux.

Sa pratique se situe à la croisée de la photographie conceptuelle, de la satire sociale, du surréalisme et du tableau vivant. Ses compositions aux couleurs vives associent imagination, recherche et réflexion sur les enjeux contemporains.

Comment avez-vous débuté dans la photographie ?

Ma relation avec la photographie a commencé à l'adolescence, devant l'objectif. À cette époque, j'étais modèle photo.

Au début de la vingtaine, j'ai vécu un changement profond, à la fois personnel et existentiel. Tout à coup, je n'étais plus intéressée par le fait d'être vue, mais par le fait de montrer ce que je voyais. C'est ainsi que je suis passée derrière l'objectif.

De quel moment de votre parcours artistique êtes-vous la plus fière ?

Je réfléchis davantage en termes d'évolution, de progression et de découvertes personnelles. Ce cheminement me permet de me rapprocher progressivement de ce que je suis, en tant qu'artiste et, avant tout, en tant qu'être humain.

Lorsque ma démarche artistique correspond profondément à ce que j'exprime dans mes œuvres, j'éprouve le sentiment d'avoir accompli quelque chose de significatif.

Créer une œuvre qui incarne avec justesse mon intention, me permet d'exprimer ma créativité et d'aborder un sujet de société important à mes yeux, tout en m'offrant des possibilités d'enrichissement humain et artistique, donne tout son sens à ma pratique.

« La découverte progressive de différents travaux et courants artistiques m'a permis de garder à chaque fois quelque chose d'unique : une manière particulière de traiter les couleurs, de cadrer, de représenter l'humain, l'espace, le temps. »

Quel est le plus grand défi auquel vous avez été confrontée en tant que photographe ?

En tant qu'autodidacte, j'ai eu la chance de disposer d'une grande liberté dans mes expérimentations photographiques. J'ai pu apprendre à mon rythme et développer ma pratique selon mes propres intérêts.

Cet apprentissage m'a également confrontée à plusieurs défis, notamment celui de construire une approche technique et visuelle singulière.

J'ai progressivement découvert différents travaux et courants artistiques à travers les livres, les sites consacrés à l'art et à la culture, ainsi que les expositions.

Chaque découverte m'a apporté quelque chose : une manière de traiter les couleurs, de cadrer, de représenter l'être humain, l'espace ou le temps. Ces influences ont nourri mes expérimentations et m'ont aidée à construire progressivement ma propre signature artistique.

Dans quel type de photographie vous spécialisez-vous ?

Je me spécialise dans la photographie conceptuelle, avec un style visuel hybride et très coloré, qui s'inscrit dans la continuité des productions artistiques contemporaines africaines et diasporiques.

Après plusieurs années consacrées au portrait, puis quelques expériences en photographie documentaire, j'ai ressenti le besoin de développer une approche qui réunisse les dimensions créative et intellectuelle de ma sensibilité.

Dans la continuité de mon parcours universitaire, je souhaitais aborder les grandes questions sociétales contemporaines à travers la photographie, tout en affirmant la singularité de ma pratique.

Mon approche a ainsi évolué, sur le fond comme sur la forme, pour réunir le réel et l'imaginaire, la critique sociale et l'utopisme, la recherche et la création, ainsi que les approches journalistique et artistique.

Aujourd'hui, ma pratique se situe à la frontière de la photographie conceptuelle, de la satire sociale, du surréalisme et du tableau vivant.

Nourri de nombreuses influences, principalement africaines, européennes et états-uniennes, mon style associe couleurs vives, créativité et regard analytique. Je cherche à aborder les enjeux de notre époque avec originalité et sensibilité, tout en attirant l'attention sur des causes universelles.

À quelles marques internationales, à quels photographes ou à quels secteurs d’activité estimez-vous que votre travail correspond le mieux ?

Mes principales influences proviennent de mouvements artistiques tels que la Renaissance de Harlem, le surréalisme, l'art africain contemporain et la photographie conceptuelle.

Que pensez-vous de la plateforme 54Ruum ?

Je trouve que 54Ruum réalise un excellent travail de sélection, de curation et de valorisation des talents africains et afro-diasporiques.

Credits

Texte

Felana Ramasy

Photographie

Sabrina Onana

Curation

guvnor

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